Histoire crée de toutes pièces


« | Accueil

PARTICULARITÉS ET PHYSIOLOGIE DU PELAGE

PARTICULARITÉS ET PHYSIOLOGIE DU PELAGE

1. Le chat est un animal velu, mais qui n’aboie pas. Ce n’est donc pas un chien. On peut logiquement- et à raison- en déduire que son pelage possède certaines particularités, qui nécessiteront un entretien spécifique.
2. L’espèce féline est composée de nombreuses variétés: poils courts, poils mi-longs, poils longs, poil dense (Persan) ou absent (Sphinx)… Les généralités ne sont donc pas toujours bonnes à prendre.
3. Le comportement physiologique d’un chat en bonne santé permet de distinguer trois grandes périodes d’activité: le sommeil, le toilettage et … le reste. Les deux premières activités constituant la très grande majorité du temps, on peut logiquement en déduire, selon qu’on aime ou non cette espèce, que la caractéristique principale du chat est la fainéantise ou la propreté. En se basant sur le second critère, il en découle que dans bon nombre de cas (excepté peut-être pour certains Persans), l’entretien du pelage ne sera pas ressenti par le propriétaire comme une nécessité absolue, ce qui est une erreur.

Origine

Les poils sont synthétisés par des invaginations de l’épiderme dans le derme, les follicules pileux. Leur origine est double: ectodermique et mésodermique. Des études chez l’embryon ont montré que la condensation des cellules basales se produisait tôt pour former un bourgeon pilaire, dont la croissance dans le mésoderme s’accompagne de la création de la future papille dermique. La base du bourgeon épithélial entoure progressivement la papille pour former le bulbe pileux. Des renflements apparaissent le long du follicule, ils correspondent à l’insertion du muscle arrecteur du poil, de la glande sudoripare épitrichiale et de la glande sébacée.

Structure

Le follicule pileux est composé longitudinalement de trois parties distinctes: l’infundibulum, l’isthme et la partie profonde. On distingue cinq zones différentes: le bulbe pilaire, la tige pilaire, les gaines épithéliales (interne et externe), une membrane basale et une gaine conjonctive. Les cellules pluripotentes de la matrice donnent naissance au poil et à la gaine épithéliale interne. La gaine épithéliale externe représente une extension en profondeur de l’épiderme.
Le poil sensu stricto ne constitue donc qu’un élément du follicule pileux. Il est composé de trois parties: de l’intérieur vers l’extérieur la médulla, le cortex et la cuticule. La médulla est un cordon de 1 à 3 rangées de cellules longitudinales aplaties de haut en bas. Ces cellules sont solides près de la base, mais le reste du poil contient de l’air et des vacuoles de glycogène. Le cortex est constitué de cellules cornifiées allongées parallèlement au grand axe du poil. Le cortex contient les pigments qui donnent sa couleur au poil. Il représente 1/6ème à 1/4 de l’épaisseur du poil. La cuticule est constituée de cellules aplaties, cornifiées, anucléées, organisées à la façon de tuiles sur un toit.

Classification

Le pelage du chat est composé: on distingue des poils primaires (synthétisés par des follicules primaires) et des poils secondaires (synthétisés par des follicules secondaires). Les poils primaires émergent par un pore indépendant

Dans les races à poils courts, les poils primaires mesurent en moyenne 4.5 cm de long, alors que dans les races à poils longs, ces poils mesurent jusqu’à 15 centimètres. Le phénotype court est le phénotype sauvage (L), dominant par rapport au phénotype poil long (l). Il existe des exceptions: dans la race Rex une mutation provoque la formation de poils incurvés, tordus. Chez le Devon les poils primaires sont semblables aux poils secondaires alors que chez le Cornish, les poils primaires sont absents.

Il existe des poils spécialisés de deux types: les vibrisses et les poils tylotriches. Les vibrisses sont des poils tactiles très développés. Il s’agit de poils primaires comprenant un sinus sanguin en périphérie de la gaine épithéliale externe, limité par des travées conjonctives comportant des plexus sensoriels non myélinisés. Ces poils sont retrouvés sur les joues, les paupières supérieures, les lèvres supérieures et les carpes où ils forment la  » glande carpale « , constituée d’amas de 5 à 6 poils tactiles. Il s’agit de mécanorécepteurs d’adaptation lente. Leur rôle dans la vie du chat est extrèmement important (déplacements, vie sociale).
Les poils tylotriches sont disséminés sur l’ensemble du pelage, comme chez le chien. Ces poils fonctionnent comme des mécanorécepteurs d’adaptation rapide.

Organisation

Les follicules pileux sont chez le chat, comme chez le chien, groupés. On parle d’ « unités  » folliculaires, constituées de 2 à 5 follicules primaires pour 5 à 20 follicules secondaires. Au sein d’une unité folliculaire, le nombre de poils primaires et secondaires varie (en général 1 follicule pileux central primaire, entouré de 2 à 5 follicules pileux primaires latéraux plus petits, eux-mêmes entourés de 6 à 12 follicules secondaires). 12 à 20 poils émergent par le même infundibulum. Les poils secondaires sont très développés chez le chat. On compte environ 10 poils secondaires pour un poil primaire sur le dos et 24 poils secondaires pour un poil primaire sur le ventre. Ceci explique la densité pilaire très importante chez le chat: environ 600 à 1800 poils par centimètre carré.

Activité

L’activité des follicules est cyclique: on distingue trois phases (croissance ou anagène, intermédiaire ou catagène, repos ou télogène). L’activité de chaque follicule est indépendante de celle de ses voisins, à l’origine d’une mue en mosaïque. La mue n’est pas affectée par la castration, mais dépend de la photopériode et peut-être de la température ambiante.
La croissance maximale des poils est observée à la fin du printemps (environ 300m par jour), la croissance minimale pendant l’hiver. Les chats d’extérieur muent deux fois par an (au printemps et à l’automne) alors que les chats d’intérieur muent tout le long de l’année. En été, 30% des poils primaires et 50% des poils secondaires sont en phase télogène, alors qu’en hiver, ces pourcentages atteignent 75 et 90%. Dans certaines races (en particulier Rex), une mue partielle ou complète peut être observée à l’occasion d’une gestation ou d’un oestrus et provoquer une alopécie bilatérale et symétrique physiologique.

Couleur

Dans l’espèce féline, la couleur de la peau et du pelage est, contrairement au chien, presque exclusivement due à la pigmentation pilaire. En effet, les mélanocytes sont très peu nombreux au niveau de l’épiderme. Ce sont donc les Le pelage tabby est le type basique, sauvage, à partir duquel de très nombreuses variations ont été sélectionnées. La couleur du pelage est complexe, provenant d’au moins deux groupes différents de gènes.

La classification des robes est également complexe:

    - robes simples de couleur uniforme:

  • à poil uniformément coloré
  • à poil bicolore: robes lièvre, agouti, grise, zibeline, argentée ou fumée
      - robes pluricoloresLes marques du pelage résultant de l’accentuation de la couleur du poil permettent de distinguer plusieurs modèles de robes:

 

    - marques de forme allongée: robe tabby

  • tigré ou rayé: selon que les anneaux foncés sont plus ou moins larges et plus ou moins régulièrement répartis.
  • marbré: bandes concentriques sur les flancs en ailes de papillons ou en fer à cheval
  • tacheté: les marques sont ovales
  • - présence d’un pelage dépigmenté sur le corps surpigmenté sur les extrémités: colourpoint. Cette coloration particulière résulte d’une activité thermodépendante de la tyrosinase.

De nombreuses variations existent en fonction des associations de couleurs. Par exemple, la présence de taches blanches est normalement un défaut en exposition mais, limitée aux extrémités est la caractéristique de la race Birmane. La couleur calico est obtenue chez les chats écaille en rajoutant des taches blanches. La présence de l’allèle Maltese provoque une dilution de la couleur normale (noir en bleu, orange en crème).

Rôles

Le pelage assure de nombreuses fonctions: régulation thermique, protection contre les agressions, perception sensorielle, organe de communication, esthétique, synthèse de vitamine D dans l’espèce féline.

Innervation

Il existe peu de différences avec le chien. Les nerfs efférents du système sympathique innervent les muscles arrecteurs et les cellules myoépithéliales des glandes sudoripares. Des ramifications des nerfs cutanés forment des plexus folliculaires, qui entourent la base des follicules, leur conférant un rôle important de récepteurs tactiles, surtout développé pour les vibrisses et les poils tylotriches.

Les muscles arrecteurs

Les muscles arrecteurs permettent la piloérection, et participent peut-être à la vidange sébacée. Ils sont très développés dans l’espèce féline, en particulier au niveau de la région dorso-lombaire, du sacrum et de la queue, où leur diamètre est égal à celui du follicule dont ils dépendent. Ils jouent dans cette localisation un rôle important dans la vie sociale du chat.

Glandes associées

Des glandes sébacées et sudoripares épitrichiales sont associées aux follicules pileux. Il n’existe pas de particularité entre le chat et le chien, à part une densité de glandes sudoripares plus faible dans l’espèce féline. Les glandes sébacées sont regroupées au niveau du menton pour former l’organe sous-mentonnier (rôle de reconnaissance par le biais des phéromones), et au niveau de toute la face dorsale de la queue pour former l’organe supra-caudal.

Source : E. Bensignor -Dr Vétérinaire, spécialiste en dermatologie
DIP ECVD, DESV Dermatologie, CES Dermatologie, DU Allergologie – Consultant en dermatologie
Chargé d’enseignement vacataire à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes (Oniris)


Laisser un commentaire

L'Optimisation Cérébrale |
CSMF Centre |
La médecine à l'UniQ! |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | UTS-UGTG/CH.SAINTE-MARIE
| ifdp
| Céline Krein Magnétiseuse